Les cancers de l’enfant diffèrent de ceux de l’adulte – et comprendre cette différence permet de sauver des vies. Lorsque toute la gamme des services médicaux est accessible, plus de 80 % des enfants atteints de cancer peuvent être guéris, mais dans de nombreux pays de la Région européenne de l’OMS, le taux de survie est beaucoup plus faible.
Afin d’encadrer les politiques visant à accélérer la pose d’un diagnostic et à améliorer le traitement des cancers de l’enfant dans la Région européenne et au-delà, l’OMS/Europe, en collaboration avec le St. Jude Children’s Research Hospital (États-Unis d’Amérique), effectue une mission en Ouzbékistan. Cette mission tire parti du rôle de premier plan joué par l’Ouzbékistan dans la mise en œuvre de l’Initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant de l’OMS et de sa participation à la Plateforme mondiale pour l’accès aux médicaments contre le cancer de l’enfant, avec le soutien de la Banque islamique de développement.
Cancer de l’enfant : pourquoi est-ce différent ?
Les cancers de l’enfant sont étroitement liés à des facteurs génétiques. Ce n’est pas le cas pour beaucoup de cancers de l’adulte, qui sont souvent en lien direct avec des facteurs de risque relevant du mode de vie ou de l’environnement, tels que le tabagisme, la consommation d’alcool ou une mauvaise alimentation.
Les cancers de l’enfant résultent souvent d’une croissance cellulaire rapide au cours du développement, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas être évités. Cependant, même lorsque ces cancers se développent rapidement, ils peuvent être traités efficacement et guéris s’ils sont diagnostiqués tôt et pris en charge de manière adéquate.
L’importance capitale d’un diagnostic rapide et d’un meilleur traitement
« La Région européenne de l’OMS possède une vaste expérience en matière de diagnostic et de traitement du cancer chez l’enfant, mais des inégalités en matière de santé persistent, et ces inégalités peuvent entraîner la mort d’enfants et briser des familles », déclare le docteur Gundo Weiler, directeur, Prévention et promotion de la santé à l’OMS/Europe.
« L’endroit où vit un enfant, la rapidité avec laquelle il reçoit un diagnostic et la possibilité d’accéder ou non à des médicaments indispensables et à des soins spécialisés peuvent déterminer si cet enfant survivra. Dans les pays dotés de systèmes de santé solides, les taux de survie dépassent 80 %. Dans les contextes où l’accès est limité, le taux de survie peut chuter sous les 30 %. Pour la sécurité de nos enfants, nous devons nous efforcer d’atteindre le taux de survie le plus élevé possible partout. »
Il est essentiel de diagnostiquer et de traiter rapidement les cancers de l’enfant à l’aide de médicaments dont la qualité est garantie. Les retards peuvent permettre aux cancers à croissance rapide d’évoluer vers des stades avancés, ce qui réduit les chances de survie et augmente l’intensité du traitement nécessaire. Le renforcement des parcours de diagnostic avec orientation vers des services spécialisés, la garantie d’un accès ininterrompu à des médicaments vitaux et le développement de la formation professionnelle des travailleurs de la santé comptent parmi les moyens les plus efficaces d’améliorer les résultats.
Mission de l’OMS/Europe en Ouzbékistan : limiter les inégalités par un changement systémique
La mission technique de l’OMS/Europe en Ouzbékistan, organisée en collaboration avec le bureau de l’OMS dans ce pays, vise à accélérer les progrès nationaux et régionaux par le déploiement à grande échelle des systèmes de prise en charge des cancers de l’enfant.
Grâce à des efforts conjoints, des progrès sont accomplis pour concrétiser l’objectif de l’Initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant, qui est de porter le taux de survie aux cancers de l’enfant à au moins 60 % dans le monde, tout en allégeant les souffrances et en améliorant la qualité de vie. Cet objectif a été officiellement reconnu comme une priorité de santé publique dans la déclaration politique adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2025.
Les objectifs clés de cette mission sont les suivants :
- contribuer au leadership national et à l’harmonisation des politiques en matière de lutte contre les cancers de l’enfant ;
- renforcer les parcours de diagnostic, les normes de traitement et l’accès aux médicaments essentiels ;
- faire des progrès concernant la formation et le renforcement des capacités en matière d’hématologie et d’oncologie pédiatriques et de soins palliatifs ;
- coordonner les investissements financés par les partenaires, notamment ceux qui sont consentis par le St. Jude Children’s Research Hospital et la Banque islamique de développement, afin d’assurer la durabilité et le développement ;
- raccourcir les délais concernant la pose des diagnostics et améliorer la continuité des soins.
La réunion de décideurs politiques, de cliniciens et de partenaires internationaux dans le cadre de cette mission a pour but de traduire les engagements mondiaux en interventions concrètes à l’échelle nationale.
Les cancers de l’enfant peuvent être guéris – et la survie ne devrait jamais dépendre de l’emplacement géographique, des revenus ou du hasard.

