L’OMS/Europe, avec le soutien de l’Union européenne (UE), intensifie son aide aux pays du Partenariat oriental pour qu’ils intègrent les arts et la culture dans les systèmes de santé en organisant une série de séminaires régionaux de renforcement des capacités qui serviront de catalyseurs pour les actions et la collaboration menées par les pays.
Les systèmes de santé de la Région sont soumis à des pressions complexes, allant des changements démographiques et des pénuries de personnel aux conséquences moins visibles des traumatismes, de l’isolement social et du stress chronique.
Consciente du potentiel que représentent les arts et la culture en tant qu’outils de guérison, de résilience et de dignité dans les soins, notamment pour la santé mentale et le bien-être, l’OMS/Europe aide les pays à abandonner le recours aux initiatives fragmentées pour adopter des approches structurées et fondées sur des données probantes, ancrées dans les priorités nationales.
Ce travail s’inscrit dans le cadre du pilier « Renforcer la capacité des arts pour la santé » (BACH, pour Building Arts Capacity for Health) d’un plus vaste programme doté de fonds de l’UE et intitulé « Résilience sanitaire dans le Partenariat oriental », une initiative triennale financée par la Direction générale de l’élargissement et du voisinage oriental de la Commission européenne. Ce programme aide l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la République de Moldova et l’Ukraine à renforcer les capacités du personnel de santé et à améliorer les systèmes de santé mentale en collaborant avec le secteur culturel.
À la fin de 2025, l’OMS/Europe a organisé des ateliers à l’intention de ces 5 pays afin d’intensifier les efforts engagés, de recenser les initiatives, les institutions et les acteurs clés liés aux arts et à la santé, de renforcer les liens entre les secteurs de la santé et de la culture, et de développer les capacités de conception et de mise en œuvre de nouvelles initiatives à cet égard.
Mais que signifie intégrer les arts et la culture dans les soins de santé ? Cela peut consister à organiser une visite de musée pour lutter contre la solitude et favoriser la cohésion sociale, mais aussi à proposer des cours de danse aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson, à écouter de la musique pour lutter contre la démence ou à rejoindre une chorale pour améliorer la santé pulmonaire.
L’intégration des arts dans les soins de santé est un domaine interdisciplinaire en pleine expansion qui peut être considéré comme faisant partie d’une approche plus large de la santé publique dépassant le cadre de la dimension biomédicale et clinique tout en étant basée sur des données probantes.
« L’intégration de démarches fondées sur les arts dans les soins de santé élargit la gamme des outils disponibles pour répondre aux priorités essentielles de la santé publique. En Arménie, les arts et la santé offrent un potentiel considérable pour proposer des approches centrées sur la personne favorisant un vieillissement en bonne santé, le bien‑être mental et l’inclusion sociale, tout en complétant les efforts déjà engagés pour renforcer les soins de santé primaires et la résilience du système », explique le docteur Inessa Asmangulyan du ministère arménien de la Santé.
« L’atelier BACH a permis de mettre en avant l’importance des arts et de la culture dans la réalisation de ces objectifs, et nous espérons que ces approches seront de plus en plus institutionnalisées et intégrées dans les futures interventions de santé publique. »
Priorité à l’apprentissage pratique
Les ateliers ont été animés par des professionnels de la santé et des arts de premier plan du Jameel Arts & Health Lab et du Centre culturel de Cluj en Roumanie.
Les ateliers se sont concentrés sur l’apprentissage pratique. Les participants ont à cette occasion fait usage d’outils de coconception et d’évaluation, examiné des études de cas d’interventions artistiques menées dans des centres de santé et des services de réadaptation, et débattu de la façon de renforcer les cadres de gouvernance, d’éthique et de suivi afin de développer de manière durable les activités de collaboration créatives en matière de santé.
À Erevan (Arménie), des acteurs de la culture et de la santé originaires d’Arménie et de Géorgie se sont réunis pour étudier comment la créativité peut améliorer le soutien psychosocial et en santé mentale, renforcer la mobilisation des communautés et réduire la stigmatisation dans les soins.
À Chișinău (République de Moldova), des participants moldaves et ukrainiens, dont des professionnels de santé, des artistes, des chercheurs, des responsables politiques et des représentants de la société civile, ont examiné comment les arts peuvent soutenir le bien-être mental, la résilience des personnels de santé et l’innovation dans les services.
Mettre en avant l’importance de la collaboration entre les secteurs
Les ateliers ont également permis de mettre en avant l’importance de réunir différents secteurs pour promouvoir la santé. Les participants issus des ministères de la Santé et de la Culture, d’autorités locales, d’universités et de la société civile ont mis en évidence la manière dont la planification et le financement coordonné peuvent permettre d’intégrer les arts et la culture dans les programmes nationaux de santé, d’améliorer l’accès à des services de qualité et de prendre en compte les dimensions émotionnelles et sociales de la santé.
« Le rôle de l’art devient de plus en plus complexe à mesure que les défis de santé mentale se répandent dans la société ukrainienne », explique Veronika Skliarova, fondatrice de l’organisation non gouvernementale Art Dot, basée en Ukraine.
« Nous appelons à une collaboration accrue entre les organisations de la société civile et les pouvoirs publics, les artistes et les psychologues afin de renforcer ces activités de collaboration et les rendre plus durables. »
Dans la perspective future, l’OMS/Europe s’appuiera sur les résultats des ateliers en aidant les pays à mettre en place des initiatives artistiques en faveur de la santé ; en élaborant des cadres de suivi et d’évaluation ; et en maintenant l’apprentissage régional grâce à des communautés de pratique. Les activités de suivi permettront de traduire les idées issues des ateliers en projets réalisables et d’aligner les activités artistiques en faveur de la santé sur les stratégies nationales de santé mentale et sur les réformes systémiques entreprises d’une manière plus générale.
Promouvoir la résilience sanitaire dans le cadre du Partenariat oriental
En intégrant les arts et la culture au programme « Résilience sanitaire dans le Partenariat oriental », l’OMS et l’UE espèrent exploiter le potentiel des arts et de la culture pour renforcer la résilience des systèmes de santé axés sur la personne, trouver des solutions créatives à des problèmes complexes et contribuer à la réalisation des objectifs communs du partenariat UE-OMS.

